Histoire de Sarp

 

Situation géographique

Le village de Sarp se situe à l'entrée de la vallée de Barousse sur la rive gauche de l'Ourse, à 478 m d'altitude au pied des premiers contreforts des Pyrénées. Il est dominé par les collines boisées et giboyeuses du bois de Sarp, du Sarrat, de Campels et du plateau de Millas.

D'une superficie très réduite de 181ha,  Il bénéficie d'un climat lumineux et ensoleillé, favorable aux arbres fruitiers, mais rien d'etonnant dès l'instant où Sarp est à la latitude de Florence.

Au coeur du piémont pyrénéen, à mi-distance entre Atlantique et Méditerranée, à une centaine de kilomètres de Toulouse et à portée de fusil du grand site classé de Saint-Bertrand-de-Comminges.

 

Histoire - Etymologie - Légendes

Lorsque les châtelains de Mauléon-Barousse décidèrent d'agrandir et d'aménager leurs landes, les terres situées à 8 km de là, entre Aveux et Izaourt furent rapidement essartées par les cerfs. Ceux-ci y réalisèrent un polygone assez irrégulier de 2kmde long et de 1km de large à 450m d'altitude. Il fut baptisé "Lou Tucau de la Sarpade" qui donna l'actuel nom de Sarp dont les origines étymologiques seraient celtes. Continuant sur leur lancée aussi laborieuse qu'efficace, les perséverants Endourtayres agrandirent leur agglomération initiale créant les hameaux de Gimbrade, Nougarets, Millas et Vivères parcourus par les ruisseaux de Poursingles, de Rieumont et de l'Ourse.

Aux festivités qui se déroulaient alors le 16 mai (jour de la Saint-Germé), il y avait des épreuves de bûcheronnage réservées aux hommes et un concours de sarpage (de sarpade : coup donné en décrivant des coups de serpe) ouvert aux femmes. On assure qu'au repas de midi on faisait une importante consommation de gras-double ce qui valut aux gens du coin le surnom d'Ets Boudinayres (mangeur de gras-double). Ceux-ci en temps ordinaires savouraient des menus beaucoup plus simples à base de farine de maïs. Cette alimentation fut longtemps celle des Endourtayres dont la principale activité consistait à fabriquer des liens en osier.

Une notice réalisée en 1885 mentionne que les Sarpais sont gais, polis, hospitaliers et très sobre ; leurs converstions sont cependant souvent animées à la gasconne c'est à dire paroles et gestes.

En 1786, Sarp est encore sous l'obédience de l'archiprêtre de Saint-Bertrand-de-Comminges, elle est alors desservie par le vicaire de Loures qui perçoit la portion congrue de l'archiprêtre.

1790 voit la naissance de la commune de Sarp. En effet les légistateurs décidèrent à cette date la dissociation que les féodalités avaient établie en séparant définitivement la Barousse, Saint-Bertrand et Valcabrère, Sarp rentrait de ce fait dans le département des Hautes-Pyrénées.

 

Le brandon

Le soleil fut salué par les hommes dans ce qui fut sans doute une de leurs premières manifestations de religiosité avec la connaissance empirique des solstices. Solstice d'été à l'apogée solaire, mais aussi solstice hivernal à la renaissance du soleil. Deux fêtes que l'on retrouve aujourd'hui sous l'appelation de la Saint-Jean Baptiste du 24 Juin et Sait-Jean Evangeliste du 27 décembre. Cette dernière date n'est plus célébrée.

Les rites du feu de la Saint-Jean d'été furent tellement bien établis que les communautés montagnardes en organisaient le déroulement. Parfois tradition devint une obligation sociale comme l'indique le règlement de la Barousse du 26 janvier 1766 selon lequel les quatres derniers mariés du pays devaient faire un brandon* et l'amener au foyer sous peine d'amendes financières.

*Surmonté d'une couronne de fleurs blanches (des lys le plus souvent), le brandon est décoré de fleurs. Le brandon est un tronc d'arbre (sapin, hêtre,tilleul) fiché en terre, préalablement fendu afin qu'il s'enflamme comme une torche

A plusieurs reprises l'église interdit le déroulement de ces fêtes trop païennes. Au xx ème siecle la fête du brandon est devenue une manifestation mi-païenne, mi-religieuse. Le brandon est parfois béni par le prêtre.

                                                                                                                                                                                          Texte de François FORTASSIN

Le brandon est classé au Patrimoine Immateriel de l'Unesco depuis 2015.